Qu'est ce qui pèse 145 grammes et a révolutionné le monde ?
Avec son œuvre jacksonpollock.org, le peintre grec a transformé nos gestes sur écrans... grâce à une Appli.
“En 2001, la ‘machine’ de Jackson Pollock – son fameux dripping n’est rien d’autre qu’une machine que n’importe qui peut utiliser pour faire de l’art – avait besoin d’une mise à jour. J’ai alors créé le site jacksonpollock.org, une œuvre conceptuelle, que j’ai réalisée en utilisant des morceaux de code en ligne. Quelques années plus tard, j’ai décliné le concept sur iPhone et iPad, en mettant au point l’une des premières applications. L’art, ce n’est pas une question d’idées, c’est savoir regarder ce qui nous entoure. En 2005, avec d’autres artistes, nous nous sommes rendus compte que nos mains se transformaient en écrans et que les smartphones étaient le prolongement de celles-ci. À partir de là, certains ont tenté des expérimentations, donnant naissance au premier mouvement d’art du xxie siècle, surnommé Neen, pionnier dans l’art de l’après jeu-vidéo et du post-internet, et qui fut présenté chez Gagosian, à New York. Lorsque David Hockney peint sur iPhone, il n’ajoute rien à la conversation : il applique juste des programmes qu’il utilise pour peindre. C’est insuffisant. Les artistes radicaux n’utilisent pas de programmes, ils les disloquent et les démontent, mettant en branle l’histoire de l’art. C’était notre intention et notre manifeste. Pour nous, l’histoire de l’art est aussi un programme. Un programme de stimulation, principalement.”
La photographe brésilienne, 28 ans, est connue pour avoir récemment shooté les “Covers” du Time avec un iPhone.
“J’ai acheté mon premier iPhone en 2012. Au départ, ce n’était qu’un outil complémentaire, mais à mesure que de nouveaux modèles se sont développés, c’est mon appareil photo, extrêmement lourd, qui l’est devenu. Mon iPhone me permet de réaliser de superbes photos, n’importe quand, n’importe où, sans avoir le stress de porter un sac rempli de lentilles, de cartes et de piles. Désormais, dès qu’on m’appelle pour un shooting, je propose de le réaliser sur mon smartphone. Dans la pratique, photographier une personne avec un téléphone semble moins intrusif. J’aime également le rendu de l’image et le côté esthétique. Il y a toujours ceux qui regrettent le bon vieux temps où l’on shootait au daguerréotype. Mais il y a aussi ceux qui ont profité de ce tournant pour sublimer la vie, avec leurs clichés, sans se préoccuper de l’outil. Que ce soit une caméra digitale, un Polaroid ou un iPhone, l’outil importe peu, ce qui compte, c’est le résultat. L’iPhone me permet d’aller plus vite : j’ai l’impression de réaliser les photos de mes mains, cela me rend plus créative. J’ai aussi moins de contrôle sur la lumière, moins d’options d’ajustements, j’apprends à mieux regarder autour de moi. Des choses que je ne verrais sans doute pas avec un appareil photo classique.”
Sur Vente-Privée.com, l’entrepreneur a réinventé notre manière de consommer la mode, grâce aux nouvelles technologies... et à l’iPhone.
“La véritable révolution, ce n’est pas l’iPhone, c’est l’avènement du digital qui, depuis son démarrage en France, a permis à un réseau d’entrepreneurs de se lancer. Il y a eu le Minitel dans les années 1990 mais tout a véritablement commencé en 1994 avec l’avènement de l’ADSL qui a équipé les ménages, leur donnant accès à l’internet rapide, au bureau comme à la maison. Et puis, il y a dix ans, il est arrivé. Et avec l’iPhone, la boutique virtuelle s’est peu à peu déplacée dans notre poche, rendant Amazon comme Vente-privée accessibles à tout moment. Ce qui a créé une sur-offre généralisée et une concurrence qui ont bouleversé le concept de boutique virtuelle. La question de l’ancrage s’est alors posée. Avec les portables, le comportement des consommateurs, qui ont désormais accès à tout, immédiatement et à tout moment, a changé. Pour les capter, il a fallu changer la façon de consommer et créer un désir au quotidien. En une dizaine d’années, le site lancé en 2001 a réussi à s’installer dans le quotidien de 50 millions de personnes, transformant une promesse digitale en une réelle satisfaction clients. On est alors devenu des leaders du e-commerce européen, avec un volume d’affaires qui a atteint 3 milliards d’euros en 2016. Cette croissance s’est accélérée avec l’utilisation des portables : aujourd’hui, plus de 80 % des visites sont réalisées via les applications sur mobile ainsi que 62 % de notre chiffre d’affaires. Quant à l’application Vente-privée, elle a été téléchargée plus de 7 millions de fois.”
Pionnier, avec le groupe Air, de la French Touch, il utilise aussi l’iphone pour ses créations.
“Mon iPhone me sert d’abord de dictaphone : lorsque j’improvise des morceaux au piano, je les enregistre sur l’application Recorder Pro, puis je les transforme et les reprend parfois pour créer de nouveaux morceaux. Tout est là : la musique, le tempo, l’ambiance et les petits détails captés sur le vif. Idem pour les textes : quand des mots me viennent, je les note sur mon iPhone. C’est devant un magasin d’aspirateurs qu’a surgi le titre Love Machine de mon prochain album, où la machine a pour fonction de laver l’amour. En studio, les couplets de la chanson ont découlé de ce mot générique. Avec Étienne de Crécy, Cassius, Alex Gopher et les Daft Punk, on a été les premiers à enregistrer notre musique en utilisant des samples Akai, puis des ordinateurs qui nous ont permis de ‘sampler’ via une interphase. Si l’application RoboVox permet d’enregistrer des nappes de voix, en vocodeur, on ne peut pas créer entièrement un morceau sur son iPhone. Toutefois, c’est un deuxième cerveau donnant accès à un savoir immense et à la base de données de l’humanité tout entière. C’est le prélude au transhumanisme, un thème que j’aborde dans mon prochain album H+ qui sortira en mars 2018. En prenant le relais de l’homme, la machine va les libérer de la pauvreté, de la faim, de la pénibilité au travail, engendrant une nouvelle économie plus égalitaire et plus locale.”
Le réalisateur a été choisi par Apple pour tourner un court-métrage de onze minutes avec l’iPhone 7+.
“Au fil des ans, les caméras qui étaient lourdes et volumineuses se sont miniaturisées, devenant plus légères. On a vu le cinéma évoluer vers des prises de vue plus improbables. Quand j’ai utilisé l’iPhone pour tourner Détour, je voulais revenir à une certaine sobriété et à des mouvements de caméra plus lents. Un tel tournage offre des atouts, dont le plus important est le gain en spontanéité et la possibilité de filmer dans des paysages peu accessibles. Comme cette rivière où se perd le tricycle et où, grâce au smartphone, on a pu tourner des scènes de ralenti. J’ai utilisé l’accéléré pour accentuer la comédie et donner un côté un peu décalé, voire décollé, de la réalité. Comme les illusions d’optique qui permettent un genre de décalage dans l’échelle des objets : lorsque le tricycle contourne la voiture, on réalise tout à coup qu’il mesure trois mètres de haut. Il y a là un aspect monstrueux et en même temps comique. Pour la scène de nuit, j’ai cherché à reproduire l’effet de la pénombre le plus honnêtement possible : mon chef opérateur a ajusté l’exposition de l’iPhone de manière très précise, de façon à équilibrer la lumière ambiante avec celle de l’intérieur des tentes. L’animation m’a toujours passionné, c’est la réinvention du cinéma à chaque image. Je m’en suis servi pour dessiner le mot ‘détour’ dans le générique, qui, lorsqu’on projette le lm, semble s’écrire tout seul, comme par magie.”